Vidéosurveillance-participative: Non ce n’est pas de la science fiction !

Hier soir j’annonçais que Aulnay-sous-Bois pour­rait lancer le pre­mier pro­jet de vidéo­sur­veil­lance par­tic­i­patif français. Beau­coup ne sont pas tombés dans le pan­neau, car c’était bien évidem­ment un pois­son d’avril des­tiné à faire réfléchir ceux qui en ce moment, à droite mais surtout à gauche, sont ten­tés par une exten­sion du nom­bre de caméras dans la ville même d’Aulnay-sous-Bois.

Il serait dom­mage que l’on croie une sec­onde qu’un tel sys­tème du genre Big Broth­er qui n’a jamais prou­vé son effi­cac­ité, puisse avoir un quel­conque intérêt. Cepen­dant, tout ce qui est écrit est nulle­ment de la sci­ence fic­tion. Tous les sys­tèmes tech­nologiques décrits sont réal­is­ables avec les coûts indiqués (c’est-à-dire pour très peu cher).

Dévelop­per aujourd’hui la vidéo­sur­veil­lance au lieu de s’occuper de préven­tion nous jette dans cette société où par exem­ple, cha­cun pour­ra être automa­tique­ment suivi par recon­nais­sance faciale infor­ma­tique. Le décalage est immense entre les affaires résolues par les caméras (très peu d’affaires et bien sou­vent peu graves(Mal­gré un coût matériel d’au moins 500 000 €, la video­sur­veil­lance à Aulnay-sous-Bois n’a été que très peu effi­cace. Elle a certes quelque­fois eu effet de dis­sua­sion (sou­vent en déplaçant la délin­quance quand les caméras sont vis­i­bles), mais n’a pas eu un bilan pléthorique. Des mots même de l’ancien adjoint UMP à la sécu­rité, sur plusieurs années seules les affaires suiv­antes auraient été résolues:

  • une affaire de stupé­fi­ant dans le parc Dumont (l’individu plan­quait la marchan­dise dans ses talons)
  • une affaire de tags dans le souter­rain de la gare
  • une affaire d’agression d’un prof devant le col­lège De Pisan
  • une affaire d’incendie de mag­a­sin, rue de Pimodan
  • une affaire de dégra­da­tion de locaux munic­i­paux sur la place Laen­nec
  • une affaire d’affichage diffam­a­toire dans le souter­rain de la gare
  • Bref, cela n’a rien de com­mun avec les con­cepts de Video-pro­tec­tion qui nous sont ven­dus en ce moment pour jus­ti­fi­er le nou­v­el investisse­ment.)), et le recul des lib­ertés qu’elles entraî­nent.

    Mais surtout, quelle société voulons-nous : celle du vivre-ensem­ble ou celle de la sur­veil­lance et de la méfi­ance d’autrui ?