Vote par Internet aux prud’homales: Un bien mauvais simulacre de démocratie

On le savait( ordinateurs-de-vote.org: Pourquoi le vote par Internet est déraisonnable ): Le vote par internet est ce qui se fait de pire ou presque du point de vue opacité et simulacre de démocratie. Pour rajouter à cela, les organisateurs du vote par internet aux prud’hommes ont réussi le coup de créer un front contre eux par leur organisation déplorable de ce scrutin qui a duré du 19 au 26 novembre:
– La CGT qui n’avait jusque là montré que quelques réticences face au vote électronique vient de passer à l’action car elle s’est trouvée flouée par un bug du logiciel de vote(Lors du vote électronique des prud’homales à Paris, pendant un certain temps, sur le navigateur Firefox, le vote CGT était inaccessible contrairement à celui des autres syndicats. Lire  » Bernard Thibault saisit Xavier Bertrand et la CNIL (27 novembre 2008) » ). L’expérience risque d’être douloureuse pour le syndicat, car lors d’un vote opaque, c’est l’ensemble de la chaîne de responsabilité qui fait preuve d’opacité et il va être difficile de faire valoir ses droits sans preuve matérielle.
– Certains affirment même que le vote pourrait être annulé( 27 novembre 2008: Eco 89: Prud’hommes : le vote électronique pourrait être annulé ) car les informaticiens ont perdu le fichier de la liste d’émargement. Là encore, les organisateurs du vote et les autorités, sachant qu’aucune preuve matérielle existe puisque l’ensemble du scrutin est dématérialisé, jouent la même partition: « Tout va très bien madame la marquise…« .

Il ne faut pas ce concentrer sur ces péripéties techniques, qui seront corrigées tôt ou tard dans les votes futurs, mais sur le fond du problème: Ce vote est par nature invérifiable et donc non démocratique. Les citoyens doivent pouvoir contrôler eux même leur vote et ne pas déléguer leur pouvoir à des experts.

Vous pouvez en lire plus sur le site ordinateurs-de-vote.org qui publie l’article « Vote par Internet aux prud’homales : confiance décrétée contre saine défiance« . Dans le même article une image (reprise ci-dessous) montre le mépris époustouflant qu’ont les organisateurs du vote envers ceux qu’ils osent nommer des scrutateurs ou assesseurs en leur proposant très sérieusement de contrôler tout ce qu’il se passe dans un ordinateur par une webcam (je veux la même webcam pour voir si j’ai un virus sur mon PC!).

Le vote par internet semble être le futur dada de certains au gouvernement (Alain Marleix, Secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités Territoriales, a déclaré lors de la séance du mercredi 19 novembre 2008 à l’assemblée nationale : « 
pourquoi ne pas envisager d’autoriser notamment le vote par Internet
puisqu’il est admis par d’autres États ?
(…). La France serait capable
d’organiser, comme le font les États d’Europe du sud, le vote par
Internet. Il ne pose pas de problème dans les
pays qui le pratiquent pour leurs expatriés.
« 
), pourtant il faut profiter de ces expériences malheureuses pour interdire définitivement son utilisation.