Peut-on abandonner le nucléaire? En tout cas on en débat à Aulnay!

Ce mercredi 11 à 20h (salle Dumont à Aulnay) sera organisé un débat sur la sortie du nucléaire avec Yves Cochet. C’est à l’occasion de l’organisation de ce débat que je réalise que je n’ai pas toujours été anti-nucléaire.

En effet, bien que j’ai toujours eu de la sympathie pour les antinucléaires, j’ai mis longtemps a les considérer comme crédibles. Comme beaucoup, je faisait partie de la population qui avait confiance dans ses ingénieurs (j’en suis un) et qui estimait que, après tout, le nucléaire était un bon moyen de ne pas relâcher de CO2 dans l’atmosphère. J’ai basculé du coté des anti-nucléaires il y a quelques années en réalisant combien le lobby pro-nucléaire nous avait manipulé. Voici les arguments fallacieux constamment avancés:

« Le nucléaire c’est l’indépendance énergétique »

En France, les mines d’uranium sont épuisée depuis mai 2001 (date de la fermeture de la mine souterraine de Jouac / Le Bernardan). L’Uranium est donc un minerait importé à 100% et la France est donc totalement dépendante de pays étrangers.

Les réserves d’Uranium ne sont pas non plus infinies et estimées de quelques décennies à 150 ans suivant les estimations mais en consommant autant qu’avant. Aujourd’hui le nucléaire ne représente que 5,8% de la production énergétique dans le monde (14% de l’énergie électrique). Si l’uranium devait remplacer le pétrole il faudrait diviser par six la durée des réserves mondiales (sources).

« Le nucléaire c’est l’énergie la moins chère »

Il est de notoriété publique que les coûts du nucléaire sont totalement sous-estimés. Nicolas Sarkozy, pourtant pro-nucléaire patenté, vient de se résoudre a commander un audit sur les coûts cachés du nucléaire (source). Retraitement des déchets, démantèlement des centrales, recherche, gestion des risques… beaucoup de coûts astronomiques sont supportés en réalité directement par l’argent du contribuable. Le réacteur de recherche de Cadarache absorberait à lui-seul près de 60% des fonds européens de recherche sur l’énergie (source).

« Nos centrales sont les plus sûres au monde »

Peut on avoir confiance dans ce dossier de presse d'EDF qui annonce notemment que la centrale de Nogent-sur-Seine est à 130 km de Paris? (93 km de Notre-Dame en réalité).

Heu… Il semble que le ministre japonais de l’économie ait déclaré (avant la catastrophe de Fukushima bien sûr) que c’était les centrales japonaises qui étaient les « plus sures au monde » (source Le Canard Enchaîne du 4 mai 2011). Alors qui croire?

 

Quoi qu’il en soit les centrales françaises ne sont pas exemptes de gros problèmes de sécurité. Par exemple, en 2006, Stéphane L’Homme a divulgué un document confidentiel défense d’EDF qui montrait qu’aucune centrale (y compris l’EPR) n’était capable de résister à une chute d’avion (source).

Autant de raisons pour venir nombreux découvrir comment et pourquoi devons nous sortir du nucléaire lors du débat de mercredi.