Lettre ouverte pour la défense du vélo en ville

Voici une lettre ouverte que j’ai envoyé ce soir à une adjointe de la ville d’Aulnay-sous-Bois en espérant faire progresser la défense du vélo en ville.

Aulnay-sous-Bois le 8 octobre 2010

Objet : Lettre ouverte pour la défense du vélo en ville

Mme l’adjointe,

A 8h ce matin, je traversais le parc Gainville à vélo et vous m’avez très cordialement – et du point de vue réglementaire parfaitement juste – fait remarquer que les vélos étaient interdits dans les parcs de la ville. En rajoutant avec une pointe de malice que je méritais cette remarque par le fait que je serais un « donneur de leçon » vous vous doutiez bien que je n’allais pas rester silencieux et m’offrez ainsi l’occasion de défendre enfin le vélo en ville.

Je ne prétend pas être une personne parfaite mais sachez que j’assume totalement cet acte bien qu’il soit répréhensible du point de vue réglementaire. Comme je le fais chaque matin en emmenant mes trois jeunes enfants (sur le vélo et dans la remorque) j’emprunte ce parc à la vitesse du pas, en doublant rarement les piétons, afin d’éviter d’être obligé de faire un très dangereux détour de 650m (NDLR: après recalcul cette distance est en réalité de 950m) par la rue Jules Princet et le carrefour du Soleil Levant où absolument aucun équipement n’est prévu pour les vélos.
Ne pouvant descendre de vélo vu le poids de mon attelage, sachez que je continuerais donc à emprunter ce parc à la vitesse du pas, préférant à contrecœur désobéir à un règlement municipal plutôt que de risquer ma vie et surtout celle de mes enfants sur cette artère très périlleuse qu’est la rue Jules Princet. A ce propos, j’ai en mémoire la mort d’un cycliste, écrasé par un camion, il y a trois ou quatre ans dans cette même rue à deux pas du carrefour en question Je ne sais pas si il y a eu d’autres accidents depuis, mais je refuse de faire prendre ce risque à ma famille.

Vous conviendrez facilement, excepté pour le garage à vélo de la gare, que dans notre ville les équipements pour les cyclistes sont faméliques et que dans ces conditions il est compréhensible que nombre des administrés aulnaysiens préfèrent utiliser l’automobile même pour un court trajet. Sachez qu’ayant une conscience écologique appuyée, prendre la voiture sur ce genre de trajet n’est pas mon choix, y compris pour le modèle de société dans lequel je souhaite que mes enfants apprennent à vivre, eux qui devront vieillir sur une planète avec un climat fortement dégradé. Je me vois donc obligé de composer avec cet environnement très hostile aux circulations douces.

Cela m’amène à faire les quelques propositions suivantes qui sans doute mériteraient d’être complétées :

  • La ville devrait tolérer dans les parcs sur un cheminement bien identifié la traversée – à très faible vitesse – des cyclistes, tout en laissant la priorité aux piétons. Dans le parc Gainville, un chemin candidat existe, contournant le bassin par l’est mais il faudra penser à l’élargissement d’un des portail, trop étroit pour faire passer une remorque.
  • Étendre les heures d’ouverture des parcs pour permettre, notamment l’hiver, le passage que nombre de piétons et cyclistes empruntent l’été pour les trajets entre domicile, travail, école, crèche, équipement culturels, etc…
  • Dans le quartier de l’hôtel de ville, rendre la passerelle à vélo … autorisée aux vélos ! Cette invraisemblable interdiction qui perdure est tout à fait symptomatique de notre société qui s’aveugle parfois devant l’importance industrielle de l’automobile, importance qui concerne particulièrement notre ville. Vous trouverez plus de détails sur l’article de MonAulnay.com que j’ai rédigé en février dernier et sur les commentaires qui y ont été déposés.
  • Prendre enfin en compte les conclusions du « groupe de travail circulation » (dont j’étais le rapporteur) des derniers états généraux de la démocratie locale tenus il y a déjà 21 mois et qui à ma connaissance n’ont jamais été publiées. Les dizaines de délégués venant de tous les quartiers et bien que défendant des intérêts à priori contraires, s’étaient entendus après une matinée de travail, pour conclure devant environ 200 personnes que la politique du « tout automobile » était impossible à continuer et que la priorité absolue devait être mise sur les transports en commun et les circulations douces. Depuis cette date, bien que des efforts indiscutables aient étés faits sur les lignes de bus, les aulnaysiens n’ont pas vu de changement spectaculaire.

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de proposer ces quelques idées en espérant que celles-ci soient constructives et permettent une meilleure cohabitation des piétons, des autres circulations douces et de l’automobile.

Je me tiens disponible pour discuter de ces propositions et éventuellement d’autres avec M. Bruno Defait ou M. Marc Morel en charge de ces dossiers et j’espère que c’est pour nous tous l’occasion de faire progresser les modes de circulation douces à l’heure même où la municipalité lance son agenda 21.

Je vous prie d’agréer madame l’expression de mon plus profond respect et mes meilleurs sentiments républicains.

Hervé Suaudeau

Mise à jour: En réalité (et je ne pouvais pas imagine que Mme l’adjointe puisse avoir tord sur le point réglementaire) j’avais parfaitement le droit d’être sur mon vélo. L’article 4 du règlement des parcs de la ville stipule que les cycles sont autorisés à moins de 10km/h, vitesse que je respecte toujours en présence de piétons. Et voilà!