J'aime les conseils de quartier libres !

J’aime les conseils de quartier libres !

Voici le texte que j’ai pronon­cé le lun­di 9 novem­bre 2009 en pre­am­bule de la réu­nion publique du maire du quarti­er Roseraie — Bourg — Vieux Pays pour lequel je suis le secré­taire de con­seil de quarti­er:

Lors de son arrivée à la nou­velle munic­i­pal­ité, M. le maire a mis en place un ser­vice de la démoc­ra­tie locale qui tente de façon admirable de faire son tra­vail. Il a aus­si mis en place des nou­veaux con­seils de quarti­er qui sont une avancée démoc­ra­tique très impor­tante et qu’il faut savoir saluer.
Il ne faut pas se le cacher, il y a certes des fragilités et des gross­es dif­fi­cultés, mais aus­si une réelle volon­té des ser­vices et de l’adjoint à la démoc­ra­tie locale de faire pro­gress­er ce bel out­il.

Je tiens à remerci­er les habi­tants qui se sont déplacés ce soir pour un “con­seil de quarti­er”, d’autant plus qu’ils risquent d’être déçus. En effet cette réu­nion n’est pas, comme le pré­tend Oxygène, un “con­seil de quarti­er”. Nous devons lever cette con­fu­sion que des délégués de quarti­er ont sig­nalé maintes fois. En effet, le con­seil de quarti­er est une assem­blée qui se tient men­su­elle­ment avec les délégués de quarti­er et j’invite cha­cun à s’inscrire auprès de la démoc­ra­tie locale pour venir y tra­vailler avec nous. J’insiste, ce soir ce n’est pas un con­seil de quarti­er.
En réal­ité, nous sommes ce soir dans une réu­nion publique du maire dans laque­lle les délégués de quartiers sont invités à présen­ter un sujet. Cette réu­nion a été lit­térale­ment imposée par le maire Gérard Ségu­ra et cela est illus­tré par trois faits:
-# La date a été fixée en dépit des disponi­bil­ités notam­ment et surtout de l’élu coprési­dent Gré­goire Muk­en­di qui a très claire­ment fait savoir au maire son regret qu’une telle réu­nion se tienne sans sa présence. Je tiens donc à trans­met­tre ici les excus­es de Gré­goire Muk­en­di qui ne pour­ra donc pas être avec nous ce soir.
-# Beau­coup de délégués de quarti­er ont décou­vert la tenue de cette réu­nion dans Oxygène. Nous n’avons pas pu pré­par­er entre nous cette ren­con­tre avec vous et je vous prie de vouloir nous excuser de l’impression d’improvisation qui risque de suiv­re.
-# Nous avions même prévus d’organiser nous-même une réu­nion publique avec les habi­tants, mais une réu­nion que nous auri­ons pré­parés avec les délégués de quarti­er et sans l’intervention oblig­a­toire du maire. Or entre temps, le maire nous a imposé cette réu­nion. Je suis quand même venu ce soir par respect pour les très nom­breux habi­tants qui ont réservé leur soirée pour venir échang­er.

Aujourd’hui, nous atteignons donc un comble : un manque cri­ant de con­cer­ta­tion dans l’exercice même de la démoc­ra­tie locale.

Enfin et surtout, nous souhaitons préserv­er la lib­erté qui nous a per­mis jusque là de nous organ­is­er et de com­mencer à tra­vailler mal­gré nos dif­férences. A ce titre, M. Le maire a tenu le 26 octo­bre dernier un dis­cours grave devant une par­tie des respon­s­ables de con­seils de quarti­er. Il indique sans détours qu’il souhaite repren­dre la main sur nos réu­nions. Il a eu l’habileté de tenir un dis­cours dif­férent le lende­main avec d’autres respon­s­ables de quarti­er. Nous sommes plusieurs à inter­préter ce pre­mier dis­cours, qui se voulait ferme, notam­ment envers notre quarti­er, comme une volon­té de nous met­tre au pas.

Or il faut affirmer haut fort, le maire ne doit pas à avoir peur de cette lib­erté des con­seils de quarti­er car cette lib­erté est une richesse pour la munic­i­pal­ité en place. En effet, ce n’est que dans la lib­erté que les meilleures idées peu­vent naître, idées qui vont pou­voir, sans oblig­a­tion d’application, con­stituer un riche gise­ment une munic­i­pal­ité ambitieuse.
Je demande donc solen­nelle­ment au maire, de ne pas suiv­re sa volon­té de vouloir tout con­trôler dans les moin­dres détail, et de ne pas brid­er ce bel out­il de démoc­ra­tie qui est frag­ile et j’affirmerais haut et fort:

J’aime les con­seils de quarti­er libres !