Fermeture de MégaUpload: Les grands et vieux partis sont déconnectés

La déce­vante réac­tion des “grands” (et vieux) par­tis

Plus de 15 mil­lions d’internautes français util­i­saient le site Mégau­pload qui a été bru­tale­ment fer­mé le 19 jan­vi­er au soir par les autorités améri­caines. Les réac­tions des représen­tants des grands par­tis français ont été plus que déce­vantes. La pire a été celle de Nico­las Sarkozy qui s’est réjoui de cette fer­me­ture en assim­i­lant la copie à un crime et en inci­tant à une fuite en avant dans la répres­sion “pour la préser­va­tion de la diver­sité cul­turelle et le renou­velle­ment de la créa­tion” (sic). Le PS a réa­gi pour le coup très molle­ment, trou­vant dans un pre­mier temps “nor­male” cette fer­me­ture, et restant ancré dans l’ancien mod­èle obsédé par la mise en place de plus d’offres légales, sans pren­dre en compte la nou­velle dimen­sion de la société de partage qui est née de ces échanges. A ma con­nais­sance, seuls le Front Nation­al, Corine Lep­age, Nico­las Dupont Aig­nant et Eva Joly se sont dressés con­tre cette fer­me­ture.

Mégau­pload, une vic­time de la guerre con­tre le partage

Megau­pload est un site très dif­fi­cile­ment défend­able, de nom­breux chefs d’accusations méri­tent d’être sérieuse­ment exam­inés con­tre leurs pro­prié­taires qui ont fait d’énormes prof­its sur le dos du partage de fichiers. Néan­moins, cette fer­me­ture inutile, bru­tale, uni­latérale et sans doute illé­gale est une illus­tra­tion de la mon­tée d’un cran de la guerre con­tre le partage que font les états, ani­més par les lob­bies des grandes majors. Le com­bat con­tre les logi­ciels peer-to-peer (comme la loi HADOPI) a poussé des mil­lions d’internautes à se tourn­er vers des sites cen­tral­isés comme Megau­pload. La fer­me­ture autori­taire de sites cen­tral­isés ne fera que reporter l’échange de don­nées vers des moyens plus dis­crets. La prochaine étape est déjà pro­gram­mée : ACTA ou SOPA sont des pro­jets de lois qui ne pré­par­ent rien de moins que la cen­sure du Net au nom de la préser­va­tion des intérêts des majors.

Cette guerre con­tre le partage doit être sévère­ment com­bat­tue

En effet le partage de fichiers est une activ­ité pro­fondé­ment béné­fique pour la société car elle mul­ti­plie les sources cul­turelles. Le partage de fichi­er est une véri­ta­ble révo­lu­tion car il peut met­tre à la portée de tous l’ensemble de la con­nais­sance cul­turelle. Cette dimen­sion est tout à fait intéres­sante dans notre départe­ment qui néces­site au atten­tion par­ti­c­ulière pour un large accès à la cul­ture. Les anciens “grands” par­tis n’ont pas com­pris ce change­ment de par­a­digme et con­fondent échange de biens matériels avec l’échange dématéri­al­isé (voir la vidéo ci-dessous). Même l’étude d’Hadopi a mon­tré ironique­ment que plus on partage, plus on dépense en biens cul­turels. Il n’y a donc pas d’opposition entre le partage de fichiers et le respect des auteurs. Les sources de finance­ments comme la licence glob­ale ont démon­trés qu’elles pou­vaient être une source impor­tante de revenus pour les artistes et rem­pla­cent large­ment l’ancien mod­èle économique qui était con­cen­tré entre les mains des majors. Je reviendrais en détail sur les points de finance­ment durant les semaines qui vien­dront.

Un monde de partage est pos­si­ble !