Eva Joly, la petite voix qui trou­ble leur con­fort

Eva Joly, la petite voix qui trou­ble leur con­fort

J’ai choisi qua­tre petits extraits très représen­tat­ifs du dis­cours  du dernier meet­ing d’Eva Joly au cirque d’hiver hier soir. Elle a démon­tré sa capac­ité à faire de la poli­tique autrement et à été très offen­sive envers Nico­las Sarkozy. Enfin ne man­quez de regarder la vidéo à la fin, comme dirait Julien Bay­ou “ça tue!”.

“Une autre manière de faire de la politique”

Je ne suis pas une ora­trice : je ne fais pas tanguer la foule sous la houle des mots qui roulent, je ne berce pas mon pub­lic par de belles paroles ras­sur­antes. Je m’en excuse. Quelque chose en moi refuse de fonder la poli­tique sur la tyran­nie de l’émotion.Slogan con­tre slo­gan, dra­peaux con­tre dra­peaux, sim­pli­fi­ca­tion con­tre sim­pli­fi­ca­tion, je n’aime guère cette manière de faire de la poli­tique. Je crois que la poli­tique à tout à voir avec la rigueur de l’exposition d’un argu­ment et rien avec le tal­ent de comé­di­en.

Si je m’adresse davan­tage au cor­tex qu’aux tripes c’est parce que notre monde est com­plexe : mon devoir est d’éclairer les électeurs, pas de les mys­ti­fi­er. Oui je refuse d’être une archi­tecte de l’illusion, une semeuse de promess­es futiles, une menteuse en col blanc.

(…) La poli­tique n’est pas l’apanage d’une caste, elle n’est pas la pro­priété de quelques uns, elle est le droit du plus grand nom­bre à repren­dre la maîtrise de notre des­tin com­mun.

Voilà de quoi ma can­di­da­ture est le sym­bole : d’une autre manière de faire de la poli­tique.

Que ma petite voix trou­ble leur con­fort est une chose étrange : ils ont le mono­pole de la parole. A longueur d’édito ils nous com­man­dent d’accepter le cours des choses. Ils ont d’ailleurs déjà écrit le réc­it du temps qui vient. La seule poli­tique pos­si­ble à leurs yeux c’est l’austérité. A savoir, les coupes dans les bud­gets soci­aux, la réduc­tion du nom­bre de fonc­tion­naires, le sac­ri­fice de l’environnement.

“Le sens de la transition écologique”

Partout en Europe, le com­pro­mis social-démoc­rate clas­sique s’est trou­vé inca­pable de résis­ter à la sit­u­a­tion de pres­sion max­i­male portée par la finan­cia­ri­sa­tion à out­rance de l’économie.

Alors je crois et j’affirme que nous devons inven­ter un mod­èle en rup­ture avec la logique pro­duc­tiviste. Nous devons sor­tir de la société de gaspillage pour inven­ter une société de mod­éra­tion écologique.

C’est le sens de la tran­si­tion écologique que je pro­pose dans cette cam­pagne.

Nicolas Sarkozy, “le roman d’un tricheur”

Ce que j’ai appris [en tant que juge] tient en une phrase : « ils n’ont aucune lim­ite »

Ils n’ont aucune lim­ite et ne recu­lent devant rien.

Ceux qui pensent qu’une mal­lette de bil­lets vaut plus qu’un  mil­lion de bul­letins de vote sont prêt a tout : sub­or­na­tion de témoins, crimes divers et var­iés, désta­bil­i­sa­tion d’états indépen­dants, men­aces et coups de force sont leurs méth­odes quo­ti­di­ennes.

L’appât du gain les met en mou­ve­ment, le taux de change est le seul arbi­tre de leur choix, l’obsession du prof­it leur seule morale.

Au fond Nico­las Sarkozy n’aura été que leur jou­et involon­taire, leur meilleur allié, le zélé servi­teur d’un monde qui le fascine,  prêt à tout pour en être.

Prêt à tout, même à trich­er.

Je pèse mes mots, et je le dis en con­science : au final le Sarkozysme n’aura été qu’une vaste supercherie, une escro­querie réac­tion­naire, un abus de pou­voir basé sur un abus de faib­lesse.

(…) On a prof­ité d’une vieille dame qui n’avait plus toute sa tête pour lui soutir­er des fonds pour le finance­ment d’une cam­pagne élec­torale.

(…) les con­di­tions du finance­ment de la cam­pagne de 2007 sont peu claires, dou­teuses, hon­teuses.

(…) Nico­las Sarkozy au pou­voir, c’est le roman d’un tricheur.

Nous sommes chez nous, nous les ritals et les espingouins…


Eva Joly : “Nous les ritals et les esp­in­gouins… par eva­joly