El pueblo unido jamás será vencido

El pueblo unido jamás será vencido


Une chan­son dou­ble­ment d’actualité à Aulnay

Le peu­ple uni ne sera jamais vain­cu”. Cette chan­son mythique du groupe chilien Quila­payun est dev­enue dans le monde entier un sym­bole d’unité et de sol­i­dar­ité des peu­ples lut­tant pour leur lib­erté. Pour mon cas per­son­nel, elle a bercé l’imaginaire de mon enfance et con­stru­it une belle part de ma rela­tion à l’Amérique du sud. Cette chan­son est aujourd’hui dev­enue d’actualité à dou­ble titre dans ma ville d’Aulnay-sous-Bois. En effet la semaine où, à Aulnay, le groupe Quila­payun jouera en per­son­ne cette chan­son dans le cadre du fes­ti­val lati­no andalou, ma ville voit sa pop­u­la­tion se couper en deux et entamer un divorce sur lequel il sera bien dif­fi­cile de revenir. Le peu­ple se désuni, et risque de per­dre le dur com­bat qu’il doit men­er. Et ce com­bat n’est pas un petit com­bat, c’est celui con­tre la crise du loge­ment.

Risque de frac­ture

Depuis trop longtemps notre ville est tra­ver­sée par une faille béante qui éloigne les quartiers  pop­u­laires du nord, des quartiers rési­den­tiels du sud. L’incompréhension entre ces deux par­ties de la ville est déjà immense et la ges­tion locale de la crise du loge­ment risque de créer une véri­ta­ble frac­ture. En effet, une dizaine d’associations appelle a man­i­fester same­di 5 juin pour plus de démoc­ra­tie dans le proces­sus néces­saire de den­si­fi­ca­tion de la ville. Or, dans le même temps, par­mi les proches du maire, des respon­s­ables poli­tiques jouent la carte de la divi­sion de la ville en appelant des habi­tants choi­sis dans les quartiers pop­u­laires à venir con­tre-man­i­fester le même jour et au même endroit con­tre ceux qui osent man­i­fester leur “hos­til­ité à ces pro­jets”. Après ce con­tre-appel, le dia­logue devient vite impos­si­ble, les un s’estimant provo­qués, les autres réfu­tant même le terme de con­tre-man­i­fes­ta­tion.

Util­isons le pré­cieux héritage des luttes

De nom­breux peu­ples ont lutés dure­ment, par­fois accom­pa­g­nés par la chan­son des Quila­payun, pour gag­n­er un droit à la démoc­ra­tie. Aujourd’hui, il serait idiot et con­tre pro­duc­tif de se priv­er de cet out­il afin de relever le dif­fi­cile défit de la crise du loge­ment (et de la crise écologique). Il est temps pour cette ville de trou­ver une nou­velle unité au sein d’une large et vraie con­cer­ta­tion afin de définir un avenir com­mun a tous les habi­tants. Or, plus le temps passe, plus cette unité sera dif­fi­cile à faire. J’ai pour­tant l’espoir qu’il ne soit pas trop tard. Pour cela il faut com­pren­dre que sans pass­er par un véri­ta­ble proces­sus démoc­ra­tique plein et entier, il sera très dif­fi­cile de con­stru­ire dans cette ville et les sit­u­a­tions dra­ma­tiques des familles mal logées que les élus reçoivent dans leur per­ma­nence risquent de per­dur­er longtemps.

Je suis pour que l’on con­stru­ise de nom­breux loge­ments neufs dans cette ville, et c’est pour cela que je souhaite que les asso­ci­a­tions soient respec­tées. “Le peu­ple uni ne sera jamais vain­cu” mais nous n’arriverons à rien sans l’aide, la par­tic­i­pa­tion et l’unité de la pop­u­la­tion et ceux qui pensent pass­er en force font un bien mau­vais cal­cul.

Hélais same­di à 11h à l’hôtel de ville, je ne pour­rais pas pour des raisons per­son­nelles être auprès des asso­ci­a­tions afin de faire respecter leur demande d’écoute. Néan­moins, et même si je ne suis pas tou­jours d’accord avec tout ce qui est dit par les respon­s­ables de ces asso­ci­a­tions, mon esprit sera à 100% avec leur demande ce same­di matin.

Je suis tout aus­si triste de réalis­er que dimanche après-midi, ayant un autre empêche­ment, je ne puisse pas non plus pas aller à la ferme du vieux pays chanter avec les Quila­payun “el pueblo unido jamás será ven­ci­do !”. Espérons que le chant des Quila­payun soit enfin repris pour une ville com­bat­ive mais enfin unie.

Hervé Suaudeau