STN: Probable victoire après 8 mois de grève

Voici un arti­cle pub­lié sur MonAulnay.com et qui m’a par­ti­c­ulière­ment touché:

Les 28 tra­vailleurs sans papier qui tien­nent jour et nuit le le piquet de grève devant l’entreprise STN à Aulnay-sous-Bois,savourent leur prob­a­ble vic­toire. Après plus de huit mois d’occupation inin­ter­rompue, la sit­u­a­tion a de bonnes chances d’évoluer dans le bon sens. Le mou­ve­ment d’Aulnay s’inscrit dans celui des 6000 tra­vailleurs sans papier qui occu­pent leur entre­prise depuis le 12 octo­bre dernier et qui s’est durci avec l’occupation jour et nuit des marches de l’opéra Bastille par des cen­taines de grévistes pen­dant trois semaines. Les négo­ci­a­tions de onze syn­di­cats et asso­ci­a­tions avec le min­istère de l’immigration vien­nent d’aboutir à l’accord suiv­ant:

  • Tous les grévistes auront une autori­sa­tion pro­vi­soire de tra­vail après la levée des piquets de grève.
  • Des critères nationaux et oppos­ables de régu­lar­i­sa­tion pour tous les tra­vailleurs sans papiers de France sont étab­lis (5 ans de présence, 12 fiches de paye) (dépêche AFP)

Une réu­nion aura lieu ce dimanche au siège de la CGT de Mon­treuil pour décider des suites à don­ner au mou­ve­ment. En atten­dant, les grévistes, qui ont quitté Bastille, con­tin­u­ent le mou­ve­ment sur leur piquet local, dont celui d’Aulnay-sous-Bois.

Même si les grévistes, qui sont tous promis à un CDI à STN, restent pru­dent tant qu’ils n’ont pas reçu leur autori­sa­tion pro­vi­soire de tra­vail, leurs yeux bril­lent face aux pro­jets qu’ils pour­rons enfin réaliser avec des papiers:

Pour tous, leur pri­or­ité numéro un est de revoir leur famille qu’ils ont laissé au pays. Cer­tains n’ont pas vu leurs enfants depuis plus de dix ans. Il fau­dra tenir encore quelques mois, le temps d’espérer obtenir une vraie autori­sa­tion de séjour et économiser l’argent du bil­let. Les grévistes se dis­ent aussi soulagés de ne plus avoir à se cacher et de pou­voir aller au tra­vail sans crain­dre l’arrestation. Tous ont le pro­jet de pou­voir louer leur pro­pre loge­ment. Cer­tains aspirent pou­voir faire des métiers mieux qual­i­fiés.

Nfaly, Diombera et Tra­ore (de gauche à droite) sur le piquet de grève du 124 route de Bondy

Pour Nfaly, Diombera et Tra­ore, avoir des papiers sig­ni­fie pour cha­cun, outre aller voir la famille, un pro­jet bien pré­cis:

  • Nfaly, veut bien sûr retourner voir ses enfants de 11 et 14 ans mais il espère aussi passer son per­mis de con­duire.
  • Tra­ore souhaite retra­vailler vite pour faire quelques économies. Il a le pro­jet de se marier.
  • Diombera a le pro­jet le plus icon­o­claste. Il n’a qu’un rêve en tête, celui d’aller vis­iter Mar­seille. C’est après une longue dis­cus­sion et après un grand éclat de rire, que l’on com­prend pourquoi. Diombera est en réal­ité fan du feuil­leton “Plus belle la vie” qui se déroule dans la cité phocéenne.

Mamadou Sidibe au milieu des per­son­nal­ités venues soutenir l’occupation des marches de l’opéra Bastille (image extraite du film de Luc Wouters)

Quand à Sidibé, le porte parole du mou­ve­ment, il souhaite ren­dre vis­ite à sa mère qu’il n’a pas vu depuis plus de dix ans, d’autant plus qu’il a perdu son père en 2007. Il ajoute que bien que la vic­toire soit proche, il faut rester vig­i­lant. Une autori­sa­tion tem­po­raire de tra­vail de trois mois est une sit­u­a­tion pré­caire. Les grévistes, qui n’ont pas touché de salaire plein depuis sep­tem­bre dernier font tou­jours appel à la sol­i­dar­ité finan­cière des aulnaysiens qu’ils appel­lent “leur sec­onde famille” tant ils sont émus de l’aide qu’ils ont obtenu jusque là et qui leur a per­mis de tenir aussi longtemps.

Diombera, quant à lui, rêve de faire une grande fête, notam­ment avec tous les aulnaysiens qui ont aidé le mou­ve­ment. Pour lui les 2000 places de la salle Scohy ne sont pas de trop.

Hervé Suaudeau

Par soucis de construire vite, je soutiens la manif légale pour bâtir notre ville ensemble

Mes amis Verts ont plus de sagesse que moi et veu­lent dès main­tenant apaiser le débat.

J’ai déjà expliqué que à cause d’un empêche­ment je ne pour­rais pas être à la manif du col­lec­tif PLU ce samedi 5 à 11h et j’appelle les habi­tants a ne pas se laisser impres­sion­ner par la contre-manifestation organ­isée par les par­tis de l’exécutif local et venir man­i­fester paci­fique­ment leur désir de démoc­ra­tie. Je n’ai sans doute pas été assez clair et ait dû apporter des pré­ci­sions sur le blog de l’ami David. Je vais les repren­dre ici car elle résu­ment bien ma pen­sée qui est dis­tincte de mes amis Verts locaux. En effet, ceux-ci ont la sagesse de penser qu’il faut apaiser le débat et pren­dre du recul et seront “présents aux côtés de tous les aulnaysiens qui se seront déplacés pour exprimer leurs attentes et aussi leurs craintes”. Je les admire dans leur façon de pren­dre de la hau­teur afin de faire pro­gresser le débat de fond mais j’avoue que je n’ai sans doute pas la matu­rité poli­tique pour sor­tir la tête du guidon.

Je suis donc vrai­ment embêté de ne pas venir à cette man­i­fes­ta­tion car ce moment risque d’être l’un des plus fort de la man­da­ture. Espérons que l’homme fort local, qui n’a pas hésité a con­signer un appel (que je juge illé­gal) enten­dra la sim­ple rai­son des habi­tants a refuser la démoc­ra­tie de façade. La con­tre man­i­fes­ta­tion de la majorité est sans doute illé­gale (elle l’était avant hier de sources poli­cières) car une man­i­fes­ta­tion se déclare en pré­fec­ture et le préfet n’autorise jamais deux man­i­fes­ta­tions opposées au même endroit. Le blog “les amis d’Aulnay” rap­pelle que ce délit “Est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende”.

Ma con­cep­tion de la poli­tique, surtout si l’on veut être effi­cace et aller vite, n’est pas de ver­rouiller la parole ni d’organiser des actions illé­gales.

Le jour où un véri­ta­ble et sincère outil de con­cer­ta­tion sera en place comme cela se fait dans d’autres villes, je serai au coté de la majorité afin de con­va­in­cre la pop­u­la­tion de la néces­sité de con­stru­ire vite des loge­ments. Aujourd’hui je souhaite com­bat­tre ce déni démoc­ra­tique qui englue la pos­si­bil­ité de faire face effi­cace­ment à la crise du loge­ment et la crise cli­ma­tique de la manière la plus effi­cace.