Candidat, je me mets en retrait de mon engagement associatif

Je tiens à vous informer que je devrais être can­di­dat à la lég­isla­tive en juin 2012. J’ai été désigné samedi dernier par l’assemblée générale de cir­con­scrip­tion d’EELV.

Même si cela n’a rien d’obligatoire, j’ai décidé de me met­tre en retrait de mes divers engage­ments pour éviter tout con­flit d’intérêt et pro­téger l’indépendance des asso­ci­a­tions dans lequel j’interviens. Je me mets donc en retrait dès ce soir :

  • du blog d’information citoyenne MonAulnay.com que j’anime depuis 2008,
  • de mon groupe local de par­ents d’élèves, même si je n’y ai pas de respon­s­abil­ités (cela va faire 5 ans que je suis représen­tant de par­ent d’élève),
  • et du bureau de l’AMAP la Tomate Farceuse que nous avons fondée en novem­bre 2008.

Néan­moins, comme nous arrivons dans une péri­ode élec­torale clé, je con­tinue mes activ­ités nationales con­tre le vote élec­tron­ique.

Je remer­cie tous les mem­bres de ces asso­ci­a­tions qui ont accueilli cette nou­velle avec tristesse sou­vent mêlée d’encouragements. Tra­vailler avec ces amis avec qui nous avons tant con­struit va ter­ri­ble­ment me man­quer. J’ai pris con­science du prix douloureux à payer afin d’être cohérent avec mes con­vic­tions.

Dans un très prochain arti­cle j’expliquerais pourquoi je suis can­di­dat à la lég­isla­tive.

Pour ceux qui n’auraient pas com­pris l’usage de la photo ci-contre, vous aurez la clé à la fin de cet autre arti­cle.

Vote sanction dimanche

- Mode grognon activé -

Dimanche les électeurs aulnaysiens auront le choix entre:

  • Sanc­tion­ner le maire-candidat cumu­lard (dis­ons le clien­téliste) à l’opposé des valeurs human­istes, répub­li­caines, laïques et démoc­ra­tiques qui devraient nous réu­nir.
  • Sanc­tion­ner l’UMP via son représen­tant local, parti qui ran­nime les haines dans notre pays et met en pièce notre sys­tème social.

Je trouve bien sûr trop facile de se défiler par l’abstention ou le vote blanc ou nul. Si je n’habitais pas dans le can­ton sud je voterais sans état d’ame car mon choix est défini­tive­ment fait.
Désolé c’est à vous de vous débrouiller mais en tout cas allez voter!

- Mode grognon inac­tivé -

Le PS local pris en flagrant délit de mensonge

Je n’ai pas l’habitude de faire de telles accu­sa­tions, d’autant plus qu’elles pour­raient m’être retournée pénale­ment si je n’avais pas de preuves, mais la sit­u­a­tion est vrai­ment fâcheuse pour notre ville et pour les mil­i­tants social­istes sincères qui croient aux valeurs de leur parti. De plus, je suis involon­taire­ment impliqué dans la sit­u­a­tion en tant que vice-président de bureau de vote “déplacé” d’autorité par la mairie.

L’origine du prob­lème

Qua­tre can­di­dats du pre­mier tour de la can­tonale deman­dent aujourd’hui au maire de revenir sur une déci­sion du maire-candidat qui jette un dis­crédit sur le scrutin (ce sont les can­di­dats écol­o­giste, NPA, le can­di­dat indépen­dant Daouda Sanogo et UMP). Le PCF reste totale­ment silen­cieux pour le moment.

Cette déci­sion qui révolte tout ce monde est l’expulsion des quartiers pop­u­laires aulnaysiens des prési­dents de bureau de vote d’opposition écolos et UMP. Or ces quartiers sont la cible de soupçons et ques­tion­nements quand au déroule­ment du pre­mier tour (le com­mu­niqué de presse com­mun aux écol­o­gistes, NPA, et Daouda Sanogo parle d’”enveloppes dans les poubelles, rabat­teurs, débauchage de mil­i­tants… autant de faits qui jet­tent le doute sur l’honnêteté des scrutins con­fortés par cette manoeu­vre de dernière minute.”). Cette déci­sion autori­taire d’éviction des prési­dents de bureau d’opposition entre deux tours est totale­ment inédite à Aulnay-sous-Bois. Il n’y avait jusque là aucune jus­ti­fi­ca­tion mal­gré les deman­des d’explications réitérées.

Or aujourd’hui la réponse, que j’ai moi-même demandé à plusieurs reprises, arrive enfin!… Elle n’arrive pas du maire-candidat mais de la sec­tion du parti social­iste via le com­mu­niqué de presse ci-contre.

Le men­songe

Ce com­mu­niqué indique qu’afin « de ne pas enta­cher la sin­cé­rité du scru­tin, il a été décidé d’appliquer une règle de base (…) [uti­li­ser] l’ordre du tableau ». Cet ordre signi­fie que pour les 31 bureaux de vote, les pré­si­dents sont désor­mais choi­sis d’abord dans la majo­rité (soit tous de la majo­rité car il y a 31 bureaux pour 32 élus de la majo­rité). Or c’est totale­ment faux car les pré­si­dents n’ont pas été choi­sis dif­férem­ment mais dépla­cés!  (gênaient-ils?). Ce déplace­ment était con­séquent aux ques­tions qui se posaient dans les bureaux de vote des quartiers en ques­tion. Vous jugerez à l’aune de ce men­songe la per­ti­nence du reste du com­mu­niqué.

La preuve du men­songe

Les mails ci-dessous attes­tent que ce com­mu­niqué est bien volon­taire­ment men­songer. Ils ont été adressés par le directeur général adjoint en charge des élec­tions aux 5 prési­dents de bureau de vote d’opposition (EELV et UMP)  présents dans les quartiers pop­u­laires vers le cen­tre. On y voit claire­ment que la volonté n’était que les déplacer des quartiers nord:

Devant le refus des élus déplacés, ceux-ci ont été con­sid­érés comme se désis­tant et effec­tive­ment rem­placés.

A moins qu’il y ait un point de droit élec­toral qui m’échapperait, un autre gros men­songe de ce com­mu­niqué est d’affirmer que ce rem­place­ment “per­me­t­tra la présence d’assesseurs de tous bords”. Des assesseurs de touts bords sont quoi qu’il arrive prévus dans les bureaux mais seul le prési­dent peut dili­gen­ter cer­taines véri­fi­ca­tions. Les autres affir­ma­tions de ce com­mu­niqué sont invéri­fi­ables mais les points que nous venons d’exposer, illus­treront peut être la fia­bil­ité à laque­lle nous devons nous atten­dre.

La rai­son du men­songe

La rai­son du men­songe peut dif­fi­cile­ment être abor­dée dans ce bil­let qui sera sujet à un exa­men très minu­tieux du ser­vice juridique de la mairie ou du PS. Désolé, c’est à vous d’imaginer en fonc­tion des éléments que vous avez entre les mains.

Quoi qu’il en soit, les mil­i­tants social­istes doivent exiger des excuses de leur sec­tion afin de laver l’honneur de leur parti. Le men­songe ne doit pas pas être insti­tué en méth­ode poli­tique.

Gueule de bois avant le réveillon pour les STN

En cette soirée où nom­bre d’entre nous sont en train de se retrou­ver en famille pour faire la fête, cer­tains ne peu­vent pas faire de pro­jets avec leurs enfants, ou sont séparés d’eux pour une rai­son pure­ment admin­is­tra­tive depuis de très longues années. L’été dernier, tous s’étaient enten­dus, même au plus haut niveau de l’état, pour admet­tre que cette sit­u­a­tion n’était plus ten­able. Hélas, les promesses sem­blent être des choses bien légères pour cer­tains. Pour­tant, ces hommes là ont eu pour la plu­part leur vie brisée, faute d’un tout petit papier. C’est à eux que je pense en cette soirée du 24 décem­bre en repro­duisant l’article que j’ai pub­lié ce matin sur MonAulnay.com:

Fin d’année maus­sade pour les anciens grévistes STN

1er octo­bre 2010: Dernier jour d’occupation du bar­num devant STN où les tra­vailleurs exhibent leur pre­miers récépissé admin­is­trat­ifs, l’espoir d’une vie nor­male.

Fin d’année morose

Pas de fêtes de fin d’année pour la plu­part des 28 anciens tra­vailleurs sans papiers qui ont fait grève et main­tenu leur piquet pen­dant presque un an devant l’entreprise STN d’Aulnay. En effet, alors que le bar­num qu’ils occu­paient jour et nuit était enfin démonté le 1er octo­bre dernier après 352 jours d’occupation jour et nuit, les tra­vailleurs avaient reçus les pre­miers récépis­sés syn­onymes de droit au tra­vail et à une vie en plein jour. Pour­tant presque trois mois après cette date, la sit­u­a­tion est dev­enue bien plus dif­fi­cile. Si Pour 19 tra­vailleurs la sit­u­a­tion est encore à peu près nor­male, 4 n’ont jamais pu obtenir le pré­cieux sésame qui pour­tant avait été prévu par les accords. 5 autres tra­vailleurs qui pour­tant avaient reçus leur récépissé, se voient aussi refuser sans réelle expli­ca­tion leur renou­velle­ment au bout de trois mois (il leur a été dit que l’administration attendait “la déci­sion du min­istre”).

Retour à la clan­des­tinité ?

Mamadou Sidibé, le porte parole du mou­ve­ment d’Aulnay-sous-Bois, explique que La sit­u­a­tion est assez dif­férente selon les départe­ments aux­quels dépen­dent chaque tra­vailleur gréviste. L’évolution la plus prob­lé­ma­tique est à Paris où les récépis­sés ne sont pas renou­velés automa­tique­ment dans leur inté­gral­ité. Le porte parole explique aussi que cette sit­u­a­tion cause des dif­fi­cultés au sein des familles, empêchant tout pro­jet.

Selon Diambera, un autre mem­bre du col­lec­tif aulnaysien, la sit­u­a­tion pour­rait devenir cri­tique en jan­vier où nom­bre de récépis­sés doivent être renou­velés après 3 mois.

Appel à la sol­i­dar­ité

Aujourd’hui, les tra­vailleurs, qui ont accu­mulés beau­coup de dette durant leur année de grève, ont des dif­fi­cultés pour assurer la sol­i­dar­ité entre eux. Cer­tains, dont les papiers sont pré­caires, n’ont pas pu être réem­bauchés à temps plein et les qua­tre tra­vailleurs n’ayant reçu tou­jours aucun récépissé, sont tou­jours en grève et occu­pent le palais de l’immigration à Paris. Les tra­vailleurs font donc tou­jours appel à la générosité par l’envoi d’un chèque à l’Union Locale CGT, 19 rue Jacques Duc­los, avec la men­tion au dos “sou­tien à STN”.

Chirac en prison, c’est de la science fiction… merci Delanöe!

Aujourd’hui, le maire de Paris, Bertrand Delanöe, ainsi que 146 autres con­seillers de Paris, ont approu­vés un pro­to­cole d’accord qui fera prob­a­ble­ment échap­per Jacques Chirac à toute pour­suites (j’aimerais tant me tromper).
Je remer­cie les neuf élus Verts, deux élus du Parti de Gauche, un élu MoDem et un élu “non inscrit” qui n’ont fait que leur tra­vail en refu­sant cet arrange­ment politico-financier hon­teux.

La France avec notre prési­dent actuel avait déjà beau­coup perdu de sa crédi­bil­ité inter­na­tionale. Il est évident que cet accord en forme d’amnistie ne redor­era pas l’image de notre pays qui a fait la démon­stra­tion d’être inca­pable de pour­suivre un homme puis­sant. A ce pro­pos ce matin sur France Inter Eric Halphen a bien mon­tré qu’il exis­tait aujourd’hui une jus­tice à deux vitesses en déclarant ” on se retrouve plus rapi­de­ment devant un tri­bunal lorsqu’on vole un sac à main que lorsque on détourne des mil­lions d’euros”.

Ce vote restera sans doute un énorme cail­lou dans la chaus­sure des 147 élus (PS/UMP/PCF/centre) qui n’ont pas eu le courage de voir l’ancien prési­dent con­damné devant un tri­bunal.

Signez pour que la délinquance politique ne se règle pas « à l’amiable »

Je repro­duit aujourd’hui la péti­tion que Sauvons les riches et Anti­cor vous pro­posent de signer. Quand je pense à cet accord, j”ai honte d’avoir pensé un jour que M. Delanöe puisse être un type hon­nête.

Faites cir­culer, recopiez mais surtout signez la péti­tion sur: http://sauvonslesriches.fr/?p=448 !

Let­tre ouverte aux con­seillers de Paris : défendez notre droit à la jus­tice

Le procès des emplois fic­tifs de la ville de Paris devrait avoir lieu dans quelques semaines. Les faits reprochés sont très graves : des respon­s­ables poli­tiques sont accusés d’avoir détourné de l’argent pub­lic à des fins per­son­nelles ou politi­ci­ennes.

Or, suite à un arrange­ment financier avec l’UMP et Jacques Chirac, le maire de Paris Bertrand Delanoë envis­age de retirer la con­sti­tu­tion de par­tie civile de la Ville, au risque de vider le procès de sa sub­stance. Les prévenus pour­raient en effet s’y défendre sans aucune con­tra­dic­tion, puisque le Par­quet, dépen­dant du gou­verne­ment, a d’ores et déjà annoncé qu’il deman­derait la relaxe pure et sim­ple. L’ancien prési­dent Jacques Chirac sor­ti­rait sans doute blanchi de cette procé­dure que la mairie de Paris avait déclenchée en 2001. Une fois de plus, l’impunité des puis­sants en sor­ti­rait ren­for­cée et la classe poli­tique fini­rait décrédi­bil­isée.

Aussi nous deman­dons aux con­seillers de Paris de voter con­tre le retrait de par­tie civile de la Ville. L’argument de la bonne ges­tion et de la répa­ra­tion civile pèse mal­heureuse­ment trop peu face au risque de « jus­tice à deux vitesses ». Nous ne récla­m­ons ni vengeance ni acharne­ment, mais sim­ple­ment le fonc­tion­nement nor­mal et équitable de la jus­tice. A l’heure où la jus­tice française est si dure avec les faibles, elle ne doit pas se révéler, une fois de plus, si douce avec les puis­sants.

Ceux qui édictent les lois doivent être les pre­miers à les respecter. Est-ce trop deman­der dans la France de 2010 ?

Nous comp­tons sur vous, mes­dames et messieurs les con­seillers de Paris, pour mon­trer, par votre vote, que la jus­tice n’est pas à ven­dre.

Anticor: Sommes nous encore en démocratie?

Je vous encour­age vive­ment à regarder les vidéos suiv­antes de Séver­ine Tessier, la porte-parole de l’association Anti­cor. Elle y explique com­ment la démoc­ra­tie dans notre pays s’est petit à petit muée en un régime où les intérêts par­ti­c­uliers ont pris le dessus sur l’intérêt général et pourquoi la lutte con­tre la cor­rup­tion doit pren­dre une impor­tance pri­mor­diale.

J’ai retenu quelques points qui me parais­sent per­ti­nents con­cer­nant la ville d’Aulnay-sous-Bois: la “démoc­ra­tie par­tic­i­pa­tive”, le cumul des fonc­tions, la restau­ra­tion de la con­fi­ance des électeurs, l’extension de l’utilisation du terme de cor­rup­tion.

Pre­mière par­tie: Le stade ultime de la cor­rup­tion: la cor­rup­tion démoc­ra­tique

Réflex­ions à pro­pos des affaires Woerth, Bach­e­lot, des jeux en ligne, du refus d’une véri­ta­ble lutte con­tre la fraude fis­cale, des poli­tiques de sub­ven­tion des destruc­tions d’emploi

Par­tie 2: Réin­stau­rer les contre-pouvoirs.

Réflex­ions à pro­pos de la dépé­nal­i­sa­tion de la cor­rup­tion et des affaires, sommes nous encore dans une véri­ta­ble démoc­ra­tie? de la portée du dis­cours des poli­tiques notam­ment en Seine-Saint-Denis, de la fin de la sépa­ra­tion des pou­voirs, de l’espoir de rééquili­brage démoc­ra­tique et de restau­ra­tion de la con­fi­ance des citoyens.




Par­tie 3: La société de la cor­rup­tion
A pro­pos de la marchan­di­s­a­tion des choses et du main­tien néces­saire des rap­ports non lucrat­ifs. Aujourd’hui qui érige la cor­rup­tion en dogme? Pourquoi il faut s’intéresser plutôt aux cor­rup­teurs qu’aux cor­rom­pus ? Y-a-t il une spo­li­a­tion des bien publics? Quand est-il du con­trôle des médias?



Par­tie 4: Le cumul des fonc­tions et le casier judi­ci­aire des poli­tiques
Quel est le rap­port entre le cumul des fonc­tions et le cumul des man­dats? La sépa­ra­tion des autorités de tutelles des autorités sur­veil­lées. De la néces­sité d’une clause d’inéligibilité nou­velle, de l’absence de con­damna­tion comme pour cer­tains fonc­tion­naires. De l’espoir de trou­ver des alter­na­tives crédi­bles.



Sources:

STN: Probable victoire après 8 mois de grève

Voici un arti­cle pub­lié sur MonAulnay.com et qui m’a par­ti­c­ulière­ment touché:

Les 28 tra­vailleurs sans papier qui tien­nent jour et nuit le le piquet de grève devant l’entreprise STN à Aulnay-sous-Bois,savourent leur prob­a­ble vic­toire. Après plus de huit mois d’occupation inin­ter­rompue, la sit­u­a­tion a de bonnes chances d’évoluer dans le bon sens. Le mou­ve­ment d’Aulnay s’inscrit dans celui des 6000 tra­vailleurs sans papier qui occu­pent leur entre­prise depuis le 12 octo­bre dernier et qui s’est durci avec l’occupation jour et nuit des marches de l’opéra Bastille par des cen­taines de grévistes pen­dant trois semaines. Les négo­ci­a­tions de onze syn­di­cats et asso­ci­a­tions avec le min­istère de l’immigration vien­nent d’aboutir à l’accord suiv­ant:

  • Tous les grévistes auront une autori­sa­tion pro­vi­soire de tra­vail après la levée des piquets de grève.
  • Des critères nationaux et oppos­ables de régu­lar­i­sa­tion pour tous les tra­vailleurs sans papiers de France sont étab­lis (5 ans de présence, 12 fiches de paye) (dépêche AFP)

Une réu­nion aura lieu ce dimanche au siège de la CGT de Mon­treuil pour décider des suites à don­ner au mou­ve­ment. En atten­dant, les grévistes, qui ont quitté Bastille, con­tin­u­ent le mou­ve­ment sur leur piquet local, dont celui d’Aulnay-sous-Bois.

Même si les grévistes, qui sont tous promis à un CDI à STN, restent pru­dent tant qu’ils n’ont pas reçu leur autori­sa­tion pro­vi­soire de tra­vail, leurs yeux bril­lent face aux pro­jets qu’ils pour­rons enfin réaliser avec des papiers:

Pour tous, leur pri­or­ité numéro un est de revoir leur famille qu’ils ont laissé au pays. Cer­tains n’ont pas vu leurs enfants depuis plus de dix ans. Il fau­dra tenir encore quelques mois, le temps d’espérer obtenir une vraie autori­sa­tion de séjour et économiser l’argent du bil­let. Les grévistes se dis­ent aussi soulagés de ne plus avoir à se cacher et de pou­voir aller au tra­vail sans crain­dre l’arrestation. Tous ont le pro­jet de pou­voir louer leur pro­pre loge­ment. Cer­tains aspirent pou­voir faire des métiers mieux qual­i­fiés.

Nfaly, Diombera et Tra­ore (de gauche à droite) sur le piquet de grève du 124 route de Bondy

Pour Nfaly, Diombera et Tra­ore, avoir des papiers sig­ni­fie pour cha­cun, outre aller voir la famille, un pro­jet bien pré­cis:

  • Nfaly, veut bien sûr retourner voir ses enfants de 11 et 14 ans mais il espère aussi passer son per­mis de con­duire.
  • Tra­ore souhaite retra­vailler vite pour faire quelques économies. Il a le pro­jet de se marier.
  • Diombera a le pro­jet le plus icon­o­claste. Il n’a qu’un rêve en tête, celui d’aller vis­iter Mar­seille. C’est après une longue dis­cus­sion et après un grand éclat de rire, que l’on com­prend pourquoi. Diombera est en réal­ité fan du feuil­leton “Plus belle la vie” qui se déroule dans la cité phocéenne.

Mamadou Sidibe au milieu des per­son­nal­ités venues soutenir l’occupation des marches de l’opéra Bastille (image extraite du film de Luc Wouters)

Quand à Sidibé, le porte parole du mou­ve­ment, il souhaite ren­dre vis­ite à sa mère qu’il n’a pas vu depuis plus de dix ans, d’autant plus qu’il a perdu son père en 2007. Il ajoute que bien que la vic­toire soit proche, il faut rester vig­i­lant. Une autori­sa­tion tem­po­raire de tra­vail de trois mois est une sit­u­a­tion pré­caire. Les grévistes, qui n’ont pas touché de salaire plein depuis sep­tem­bre dernier font tou­jours appel à la sol­i­dar­ité finan­cière des aulnaysiens qu’ils appel­lent “leur sec­onde famille” tant ils sont émus de l’aide qu’ils ont obtenu jusque là et qui leur a per­mis de tenir aussi longtemps.

Diombera, quant à lui, rêve de faire une grande fête, notam­ment avec tous les aulnaysiens qui ont aidé le mou­ve­ment. Pour lui les 2000 places de la salle Scohy ne sont pas de trop.

Hervé Suaudeau

Par soucis de construire vite, je soutiens la manif légale pour bâtir notre ville ensemble

Mes amis Verts ont plus de sagesse que moi et veu­lent dès main­tenant apaiser le débat.

J’ai déjà expliqué que à cause d’un empêche­ment je ne pour­rais pas être à la manif du col­lec­tif PLU ce samedi 5 à 11h et j’appelle les habi­tants a ne pas se laisser impres­sion­ner par la contre-manifestation organ­isée par les par­tis de l’exécutif local et venir man­i­fester paci­fique­ment leur désir de démoc­ra­tie. Je n’ai sans doute pas été assez clair et ait dû apporter des pré­ci­sions sur le blog de l’ami David. Je vais les repren­dre ici car elle résu­ment bien ma pen­sée qui est dis­tincte de mes amis Verts locaux. En effet, ceux-ci ont la sagesse de penser qu’il faut apaiser le débat et pren­dre du recul et seront “présents aux côtés de tous les aulnaysiens qui se seront déplacés pour exprimer leurs attentes et aussi leurs craintes”. Je les admire dans leur façon de pren­dre de la hau­teur afin de faire pro­gresser le débat de fond mais j’avoue que je n’ai sans doute pas la matu­rité poli­tique pour sor­tir la tête du guidon.

Je suis donc vrai­ment embêté de ne pas venir à cette man­i­fes­ta­tion car ce moment risque d’être l’un des plus fort de la man­da­ture. Espérons que l’homme fort local, qui n’a pas hésité a con­signer un appel (que je juge illé­gal) enten­dra la sim­ple rai­son des habi­tants a refuser la démoc­ra­tie de façade. La con­tre man­i­fes­ta­tion de la majorité est sans doute illé­gale (elle l’était avant hier de sources poli­cières) car une man­i­fes­ta­tion se déclare en pré­fec­ture et le préfet n’autorise jamais deux man­i­fes­ta­tions opposées au même endroit. Le blog “les amis d’Aulnay” rap­pelle que ce délit “Est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende”.

Ma con­cep­tion de la poli­tique, surtout si l’on veut être effi­cace et aller vite, n’est pas de ver­rouiller la parole ni d’organiser des actions illé­gales.

Le jour où un véri­ta­ble et sincère outil de con­cer­ta­tion sera en place comme cela se fait dans d’autres villes, je serai au coté de la majorité afin de con­va­in­cre la pop­u­la­tion de la néces­sité de con­stru­ire vite des loge­ments. Aujourd’hui je souhaite com­bat­tre ce déni démoc­ra­tique qui englue la pos­si­bil­ité de faire face effi­cace­ment à la crise du loge­ment et la crise cli­ma­tique de la manière la plus effi­cace.

El pueblo unido jamás será vencido


Une chan­son dou­ble­ment d’actualité à Aulnay

Le peu­ple uni ne sera jamais vaincu”. Cette chan­son mythique du groupe chilien Quila­payun est dev­enue dans le monde entier un sym­bole d’unité et de sol­i­dar­ité des peu­ples lut­tant pour leur lib­erté. Pour mon cas per­son­nel, elle a bercé l’imaginaire de mon enfance et con­struit une belle part de ma rela­tion à l’Amérique du sud. Cette chan­son est aujourd’hui dev­enue d’actualité à dou­ble titre dans ma ville d’Aulnay-sous-Bois. En effet la semaine où, à Aulnay, le groupe Quila­payun jouera en per­sonne cette chan­son dans le cadre du fes­ti­val latino andalou, ma ville voit sa pop­u­la­tion se couper en deux et entamer un divorce sur lequel il sera bien dif­fi­cile de revenir. Le peu­ple se désuni, et risque de per­dre le dur com­bat qu’il doit mener. Et ce com­bat n’est pas un petit com­bat, c’est celui con­tre la crise du loge­ment.

Risque de frac­ture

Depuis trop longtemps notre ville est tra­ver­sée par une faille béante qui éloigne les quartiers  pop­u­laires du nord, des quartiers rési­den­tiels du sud. L’incompréhension entre ces deux par­ties de la ville est déjà immense et la ges­tion locale de la crise du loge­ment risque de créer une véri­ta­ble frac­ture. En effet, une dizaine d’associations appelle a man­i­fester samedi 5 juin pour plus de démoc­ra­tie dans le proces­sus néces­saire de den­si­fi­ca­tion de la ville. Or, dans le même temps, parmi les proches du maire, des respon­s­ables poli­tiques jouent la carte de la divi­sion de la ville en appelant des habi­tants choi­sis dans les quartiers pop­u­laires à venir contre-manifester le même jour et au même endroit con­tre ceux qui osent man­i­fester leur “hos­til­ité à ces pro­jets”. Après ce contre-appel, le dia­logue devient vite impos­si­ble, les un s’estimant provo­qués, les autres réfu­tant même le terme de contre-manifestation.

Util­isons le pré­cieux héritage des luttes

De nom­breux peu­ples ont lutés dure­ment, par­fois accom­pa­g­nés par la chan­son des Quila­payun, pour gag­ner un droit à la démoc­ra­tie. Aujourd’hui, il serait idiot et con­tre pro­duc­tif de se priver de cet outil afin de relever le dif­fi­cile défit de la crise du loge­ment (et de la crise écologique). Il est temps pour cette ville de trou­ver une nou­velle unité au sein d’une large et vraie con­cer­ta­tion afin de définir un avenir com­mun a tous les habi­tants. Or, plus le temps passe, plus cette unité sera dif­fi­cile à faire. J’ai pour­tant l’espoir qu’il ne soit pas trop tard. Pour cela il faut com­pren­dre que sans passer par un véri­ta­ble proces­sus démoc­ra­tique plein et entier, il sera très dif­fi­cile de con­stru­ire dans cette ville et les sit­u­a­tions dra­ma­tiques des familles mal logées que les élus reçoivent dans leur per­ma­nence risquent de per­durer longtemps.

Je suis pour que l’on con­stru­ise de nom­breux loge­ments neufs dans cette ville, et c’est pour cela que je souhaite que les asso­ci­a­tions soient respec­tées. “Le peu­ple uni ne sera jamais vaincu” mais nous n’arriverons à rien sans l’aide, la par­tic­i­pa­tion et l’unité de la pop­u­la­tion et ceux qui pensent passer en force font un bien mau­vais cal­cul.

Hélais samedi à 11h à l’hôtel de ville, je ne pour­rais pas pour des raisons per­son­nelles être auprès des asso­ci­a­tions afin de faire respecter leur demande d’écoute. Néan­moins, et même si je ne suis pas tou­jours d’accord avec tout ce qui est dit par les respon­s­ables de ces asso­ci­a­tions, mon esprit sera à 100% avec leur demande ce samedi matin.

Je suis tout aussi triste de réaliser que dimanche après-midi, ayant un autre empêche­ment, je ne puisse pas non plus pas aller à la ferme du vieux pays chanter avec les Quila­payun “el pueblo unido jamás será ven­cido !”. Espérons que le chant des Quila­payun soit enfin repris pour une ville com­bat­ive mais enfin unie.

Hervé Suaudeau