STN: Les travailleurs sans-papiers grévistes passent Noël dans le hangar

Ce jour de Noël est une journée presque comme les autres pour la trentaine de sans papiers qui occu­pent depuis le 14 octo­bre le hangar de la société STN à Aulnay-sous-Bois. Ceux qui ont la chance d’avoir des enfants proches d’eux sont allés réveil­lon­ner en famille mais une petite ving­taine de grévistes con­tin­u­ent d’occuper dans des con­di­tions dif­fi­cile le hangar de la société dans laque­lle ils sont (ou ont été) employés. MonAulnay.com est allé à leur ren­con­tre.

Des sit­u­a­tions per­son­nelles déchi­rantes

Ils vien­nent de Mau­ri­tanie, du Séné­gal ou du Mali et on laissé leur famille sur place pour cer­tains il y a 17 ou 20 ans. Deux d’entre eux, Salif et Makan, ont le regard plus triste quand on les inter­roge sur leur famille. En effet ils ont laissé au pays leur femme et leur cinq enfants il y a dix ans et n’ont pas pu les revoir faute de papiers en règle. Ce qui les inquiè­tent le plus en ce moment est qu’ils ne leur envoient plus d’argent à cause de la grève. D’autres ont la chance d’avoir leur enfants avec eux mais bien qu’ils soient nés en France et donc ayant droit à la nation­al­ité française à leur majorité, cela ne pro­tège pas leurs par­ents de se faire expulser car selon les grévistes la loi n’est pas tou­jours respec­tée en ce sens.

La rai­son de leur grève

Aujourd’hui tous veu­lent que cette sit­u­a­tion cesse, ils dis­ent vouloir arrêter de se cacher et de crain­dre à chaque aller-retour au tra­vail de se faire inter­peller. Ils expliquent s’abstenir de loisirs hors de leur domi­cile par crainte des policiers. Ils cotisent au chô­mage ou à la retraite sans y avoir droit. Ils payent des impôts mais ne peu­vent obtenir la sécu­rité sociale. Ils béné­fi­cient néan­moins de la CMU mais dis­ent trou­ver humiliant de devoir faire appel à ce sys­tème de santé nor­male­ment réservé aux plus frag­iles.

Se bat­tre aussi con­tre le froid

La sit­u­a­tion sur place sem­ble très pré­caire, le hangar n’est pas chauffé durant les heures de tra­vail afin d’éviter les sur­charges élec­triques, et le reste du temps, la tem­péra­ture ne monte guère, si bien que cer­tains com­men­cent à tomber malade. Ce que les grévistes red­outent le plus est que les fusibles dis­jonctent à nou­veau durant les qua­tre jours de con­gés de l’entreprise. Il fau­dra atten­dre alors lundi pour que l’électricité soit remise en route. La mairie leur a fourni quelques lits pli­ants et des cou­ver­tures.

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Des liens nationaux et locaux

Ce mou­ve­ment fait par­tie d’un vaste mou­ve­ment de grève nationale de plusieurs mil­liers de sans papiers en France (lire le tract ci-contre). A Aulnay, ces tra­vailleurs sont soutenus par divers syn­di­cats mais aussi par la CIMADE, la Ligue des Droits de l’Homme d’Aulnay, et l’antenne locale de RESF. Beau­coup d’Aulnaysiens passent aussi de temps à autre don­ner des pro­duits ali­men­taires ou un peu d’argent.

Le groupe se rat­tache à l’idée d’organiser un grand meet­ing pub­lic pour exposer sa sit­u­a­tion. En atten­dant, ils accueil­lent les vis­i­teurs au 124 route de Bondy avec un thé chaud et pro­posent même de partager leur repas.

Hervé Suaudeau

L’article que vous ne lirez jamais sur Oxygène

Un rude débat

Il y a quelques semaines, sur le blog MonAulnay.com, je m’étais per­mis de cri­ti­quer vive­ment la rédac­tion d’Oxygène, l’hebdomadaire de com­mu­ni­ca­tion de la munic­i­pal­ité. L’objet de la cri­tique, que vous pou­vez lire en entier ici, était un arti­cle favor­able aux agro­car­bu­rants.

Des jour­nal­istes beaux joueurs…

La rédac­tion d’Oxygène, bien qu’étant vive­ment prise à par­tie, a fait preuve d’un bel esprit d’ouverture en choi­sis­sant d’ouvrir directe­ment la dis­cus­sion au sein même de ses colonnes en y inté­grant une par­tie de mon texte dans le numéro 58.

… mais des respon­s­ables craig­nant la con­tra­dic­tion

Mal­heureuse­ment cela était sans compter sans la relec­ture des élus dont le directeur de la pub­li­ca­tion Gérard Ségura, dont cer­tains auraient – à ce que j’ai cru com­pren­dre — obtenu le retrait de ce texte abom­inable­ment gênant.

Pour quelle rai­son ce texte a-t-il été caviardé ?

  • La munic­i­pal­ité, qui perçoit les deux tiers de sa taxe pro­fes­sion­nelle de PSA, serait-elle gênée par un dis­cours qui con­trari­erait les lob­bies auto­mo­biles ?
  • Est-ce plutôt un prob­lème avec mon nom qui serait désor­mais inter­dit d’Oxygène pour car au risque de fâcher, je n’hésite pas à dire ce que je pense ?
  • Bravo à ceux qui ont accepté la con­tra­dic­tion, mais pas à ceux qui la refusent une fois de plus et mon­trent les lacunes de leurs con­vic­tions démoc­ra­tiques.

    NB: Je pré­cise, afin que per­sonne n’ait d’ennuis, que ce n’est pas la rédac­tion d’Oxygène ni un élu qui m’a fourni cet arti­cle.